Le non-synchronisme en tant que mode de subjectivation asiatique

Date(s)
24 oct
2017
Lieu(x)

Salle A444 (Bât. A, 4ème étage)
Université Paris 8 Saint-Denis
2, rue de la Liberté — 93526 Saint-Denis

Présentation des recherches en cours d'Amir Kianpour (LLCP-Paris 8)

Il y a environ 40 ans, lorsque les Iraniens se sont révoltés et ont fait tomber le Chah, la perception dominante du temps était différent. À cette période, les révolutionnaires iraniens se considéraient comme le premier wagon du train de l’histoire mondiale.
La révolution en Iran a eu lieu en 1979, alors même que l’âge des révolutions (L’âge des extrêmes, selon Eric Hobsbawm) semblait déjà appartenir au passé. Les Iraniens ont vécu leur plus grand événement historique, à la veille de la soi-disant « fin de l’histoire ». D’un autre point de vue et avec un vocabulaire différent, on pourrait dire que le capitalisme d’Etat a connu une croissance significative en Iran (du début des années 1970 jusqu’au début des années 1990), alors même que le capitalisme centré sur l’État avait déjà décliné dans le reste du monde.
Ces non-synchronismes avec le « monde » correspondent à des non-synchronicités, et à la collision de temporalités et d’hétérogénéités temporelles au sein même de la société iranienne.
L’Iran n’est qu’en partie, relativement à ce que cela engage de synchronisme, mondialisé.
La mondialisation, ou le capitalisme mondialisé (et l’abstraction qui s’impose à la réalité sociale – son abstraction réelle), est le contexte ou la condition même de l’expérience du non-synchronisme. On ne peut comprendre conceptuellement les hétérochronicités, sans référer à un processus de synchronisation – que l’on pourrait nommer, selon le contexte et l’approche théorique, la modernité, le capitalisme ou la globalisation.

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